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| Last Update: 09.11.2002 |
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Présentation Mercredi 6 nov. First Tuesday Lausanne @ Forum EPFL dans le cadre du Thème :«La bulle internet racontée par ceux qui l'ont vécue» «Vu sur Internet : Les excès de la bulle passés en revue» par Emily Turrettini Pour avoir suivi lactualité Internet au quotidien depuis 1996, jai réuni pour aujourdhui quelques uns des temps forts de lépoque de la bulle Internet et de lesprit pionnier qui y régnait. Pour beaucoup dentre nous, acteurs ou simple observateur de cette époque euphorique, le monde était entrain de changer irrévocablement grâce aux promesses et au potentiel immense du réseau. On comprenait que lInternet était un monde nouveau, un espace de liberté et despoir social pour les uns, un nouveau far ouest et une ruée vers lor pour les autres. Jacques ATTALI décrit à son tour lInternet comme un septième continent. Cétait une époque où tout saccélérait, jusquà la notion du temps, on parlait du temps Internet dans les présentations Power Point pour décrire le rythme accéléré des affaires conduites sur le Web. Le terme "Internet Time", revenait sans cesse dans la presse. Le WSJ la mentionné 4 fois en 1996 et 43 fois en 2000, 2 fois en 2002. Des chiffres mirobolants et parfois erronés circulaient comme parole dévangile comme celui du trafic Internet qui double tous les 100 jours, un chiffre répété comme un mantra par les CEO et la grande presse, et même par le département du commerce américain dans un rapport publié en 1998. Il savère que le trafic Internet double chaque année. Des projections sont publiées aux Etats-Unis et en Grande Bretagne respectivement par le Départment of Transportation et le Freight Transport Association concernant la prolifération de camions livreurs dû aux achats effectués online et les conséquences futures sur le traffic routier. Il y avait de quoi rassurer les dotcoms sur le potentiel du commerce électronique! La fièvre gagne les universités où des cours sont proposés et pris dassaut comme celui de La Business School de lUniversité de Michigan " FROM IDEA TO IPO IN 14 WEEKS " où les étudiants devaient présenter leur propre business plan pour une start up. Une société de capital risque à même déboursé $ 12'000 pour assister au cours. De jeunes entrepreneurs ambitieux quittent leur travail dans des secteurs traditionnels, ou sortent des écoles en quête de rêves boursiers. Ils fondent leur propre start up ou travaille dans une société Internet où la moyenne dâge se situe entre 24 et 28 ans et où une condition sine qua non dembauche est dêtre rémunéré par des stocks options. Il saffublent de titres qui font rêver et qui expriment une idéologie et une nouvelle culture dentreprise : Online, cest le délire. Souvenez-vous dun texan nommé Mitch Maddox qui a légalement changé son nom en dotcomguy et qui sest enfermé dans son appartement pendant un an, visible 24 heures sur 24 sur Internet grâce aux webcams. Son objectif ? prouver au monde que le commerce électronique est une réalité et quil il pouvait consommer et vivre sans sortir de chez lui. Certains sites atteignent le statut de véritable vedette. Michael Ovits, agent Hollywoodien des stars comme Cameron Diaz et Tom Cruise, rajoute à son registre de clients prestigieux le majordome du moteur de recherche AskJeeves, pour faire sa promotion. LInternet nattire pas seulement ceux qui souhaitent senrichir, 2 millions dinternautes téléchargent le fond décran du programme SETI@Home, dans un premier effort de grid computing (technologie de mutualisation des ressources en réseau) pour entrer en contact avec une intelligence extra-terrestre. Deux millions dinternautes dans plus de 100 pays ont participé à la campagne de lutte contre la faim dans le monde en cliquant sur un bouton sur la page du Hungersite. Pas une semaine ne se passait sans quun objet extraordinaire ou insolite est mis en vente sur ebay. Valant à lentreprise une notoriété et une publicité impossible à quantifier : Cétait aussi la grande époque des noms de domaine où les noms génériques surtout se vendent à prix dor. Cest Business.com qui détient le record à $ 7.5 millions, racheté par Ecompanies à Mark Ostrofsky en novembre 99, qui lavait lui même payé $ 150'000 en 1997, une somme insensée à lépoque. BUSINESS.COM est racheté $ 7.5 millions MORTGAGE.COM est racheté $ 1.8 millions WALLSTREET.COM s'est vendu pour $ 1 030 000 DRUGS.COM s'est vendu pour $ 823 456 WINE.COM s'est vendu pour $ 3 millions CINEMA.COM sest vendu $700,000 Toutes sortes détudes analysent les comportements des internautes, dont certains laissent songeur... Ou au contraire... En 1999, la Bourse est déchaînée. Dans ce climat d"Exubérance Irrationnelle " comme le décrira plus tard Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale américaine, une fièvre sempara des marchés boursiers, et pour les titres Internet et les valeurs technologiques, une véritable folie sinstalla autour de leur introduction en Bourse. La flambée des cours des " valeurs.com " fait apparaître de nombreux adeptes du day trading. Ils multiplient les transactions, achètent et vendent des actions sur des périodes allant de quelques de secondes à quelques heures pour capturer des dixièmes de pourcent de bénéfice. 1999, c'est l'année où le E-Commerce atteint un chiffre d'affaires de $ 10 milliards, soit trois fois plus que l'année précédente et où Jeff Bezos - PDG d'Amazon.com est sacré homme de l'année par Time magazine. Limagination des dotcomers est sans limites. Les rêves les plus fous et les business plans même les plus loufoques, trouvent financement auprès des capitals risqueurs, avides de jouer un rôle dans la nouvelle économie. Dans le livre de Philip Kaplan, pardonnez le titre, "Fd companies", une centaine de sociétés Internet sont tournées en dérision. Je vous livre quelques extraits traduit de langlais: Etait un nom détenu par une société qui produisait des semi-conducteurs, réalisant le potentiel de ce nom générique ils se sont mis à vendre des CD et des instruments et ont ouvert un cimetière virtuel permettant aux internautes de laisser un messages à leur rock star défunt préféré. Ils ont capté lintérêt de Microsoft, DreamWorks et Virgin. La première année ils ont perdu $ 1.5 million et ont fermé. Est un exemple de comment une technologie défectueuse, plein de bugs a tué une dotcom. En juillet 2000, la FTC leur infligé une amende de $ 1.5 millions pour ne pas avoir tenu leurs promesses de livrer à temps pour Nôel. Iam.com a dépensé $ 48 millions pour un service destiné à lindustrie du cinéma qui en fait était à lexact opposé des besoins de cette industrie. Voulant éviter les intermédiaires, cest-à-dire les agents, ils proposaient de réunir une base de données comprenant des milliers de CV dacteurs. Précisons que si les directeurs de Casting apprécient particulièrement leurs agents, cest justement parce que ce sont eux qui font ce travail de filtrage. Finalement, le monde ne sest pas précipité pas pour payer ses achats online en Flooz, la nouvelle monnaie Internet Pets.com na pas été rentable en facturant $ 5 une livraison qui leur en coûtait $ 10 et MarchFirst.com, qui produisait des sites Web, en lançant une campagne de pub de $ 50 millions non pas pour générer du nouveau business, mais pour recruter des employés a du par la suite licencier 2100 personnes. Les dépenses extravagantes des dotcoms ont conduit beaucoup à leur perte, quelques exemples sortent du lot: Suite au succès de Monster.com, un site demploi, qui sétait offert un spot télévisé de 35 secondes lors du Super Bowl en 99 et devenu dès lors un mot d'usage courant aux Etats Unis , lannée suivante, une quinzaine de dotcoms font de même: Le début de la fin est généralement attribué à Boo.com, une start up spécialisée dans la vente sportswear sur Internet ... et la première importante faillite de lhistoire du Net. Ils ont tiré la prise sur le site le 18 mai 2000. Ils ont dépensé 130 millions de dollars en 24 mois. Son ambition internationale, son site en plusieurs langues permettant des transactions dans plusieurs monnaies, ses dépenses excessives et le côté glamour qui entourait ses fondateurs, son échec et le récit poignant de sa fin a capté toute lampleur des rêves brisés de lère dotcom. . Le thème de ma présentation était les excès de la bulle Internet et les exemples nétaient pas difficiles à trouver. Mais cela ne va pas dire pour autant que lInternet nest pas une véritable révolution, une technologie fondateur dune nouvelle manière de vivre, d'échanger et dentreprendre. Cest une partie intégrante et indispensable du tissu de la vie quotidienne et du travail. Pouvez-vous imaginer de vivre sans e-mail? Je vous ai préparé une page sur mon site avec une liste de livres sur ces années historiques du Net, des témoignages des récits, des analyses et un merveilleux roman sur l'ère dotcom par Chine Lanzmann. |
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