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Un avant goût des problèmes du passage à l'an 2000
Les satellites du GPS remettent leurs horloges à zéro
Samedi soir, 13 secondes avant minuit (heure de Greewitch) tous ceux qui dépendent du Système de Positionnement Global (GPS selon l'appellation en anglais) pour savoir, soit l'heure qu'il est, soit l'endroit où ils se trouvent sur la planète, passeront par un moment d'incertitude. Et ce n'est qu'une pâle idée de ce qui risque d'arriver 132 jours et 13 secondes plus tard, au moment du passage à l'an 2000.
Le GPS permet de savoir où l'on se trouve grâce à 24 satellites dotés d'horloges atomiques. Mais, celles-ci, au lieu de calculer en années, mois, jours, heures, minutes, secondes, comptent en semaine et en secondes. Le cycle (comme le siècle est un cycle de 100 ans) est de 1024 semaines au termes desquelles on recommence à zéro, comme un compteur de voiture dépassant les 100.000 kilomètres. Le compte ayant commencé dans la nuit du 6 janvier 1980, l'indicateur retournera à zéro dans la nuit du 21 au 22 août. Or c'est la mesure ultra précise du temps qui permet aux récepteurs GPS de calculer leur position. Les horloges atomiques fonctionneront comme prévu mais tous les fabriquants de récepteurs n'en ont pas tenu compte à temps. On estime que près de 10% des 8 millions de récepteurs les plus anciens - en circulation risquent d'avoir des problèmes.
Certains risquent de s'arrêter. D'autres peuvent chercher les satellites aux positions qu'ils occupaient en 1980 d'autres enfin, et notamment les distributeurs de billets, peuvent assumer qu'on est le 7 janvier 1980 et agir en conséquence. Comme dans le cas du bogue de l'an 2000 personne ne sait avec exactitude quels appareils peuvent avoir des problèmes ni comment ils réagiront.
On peut trouver des informations utiles sur le site de l'Observatoire de la marine des États-Unis et sur celui de la compagnie Global Simulations Systems.
Conçu par et pour les militaires, le GPS est aujourd'hui largement utilisé par les civils, notamment dans la marine. Les dernières versions se trouvent dans les voitures de luxe et dans le sac à dos des randonneurs. Les banques y ont recours pour enregistrer l'heure des transactions réalisées sur les distributeurs de billets.
Le problème du GPS est moins grave, moins étendu et plus facile à règler que le passage à l'an 200. Mais c'est la première fois qu'un problème de ce genre peut se manifester sur des centaines de milliers d'appareils dans le monde entier.
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Francis Pisani est un journaliste indépendant. Installé à San Francisco, il couvre les Technologies de l'information et de la communication pour El País / Madrid, Reforma / Mexico et Le Monde / Paris.
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