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Last Update: 08.08.2000 |
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AOLA Comment expliquer les difficultés d'AOL en Amérique Latine? America Online, le géant du cyberespace capable d'absorber Time Warner, la plus grande entreprise de médias traditionnels a du mal à s'imposer en Amérique Latine. Signe de ces difficultés, le 1er août, sa succursale régionale America Online Latin America o AOLA a décidé de retarder son introduction en bourse et de réduire de moitié la valeur à laquelle les actions seraient mises sur le marché. Les raisons qui l'expliquent ne sont pas toutes liées à la logique traditionnelle du monde des affaires. Dans son édition du 2 août, le Wall Street Journal envisage plusieurs explications: 1) l'évaluation initialement envisagée était trop élevée; 2) le moment n'est bon ni pour les valeurs internet ni pour les sociétés latino-américaines; 3) on parle de 35 millions d'internautes latino-américains dans 4 ans mais pour le moment AOL n'a pu attirer que 129.000 brésiliens, une misère; 4) en Amérique Latine, le géant doit faire face à des concurrents bien installés comme StarMedia, Terra et Universo Online (UOL) ainsi qu'à de nombreux ISP gratuits. Conclusion des analystes du WSJ: le potentiel est énorme mais on ne vit pas de potentiel. Ce qui n'interdit pas l'espoir si l'on s'en tient à l'histoire d'AOL sur le marché nord américain où elle a commencé par peiner derrière des prédécesseurs mieux établis (Compuserve et Prodigy) avant de les écraser. Ils fournissent enfin deux remarques utiles: le modèle de revenus fondés sur le paiement de l'accès est de moins en moins convainquant et les chiffres de fréquentation sont moins fiables qu'ils ne le sont aux États-Unis ce qui pousse les investisseurs à la prudence. Les difficultés peuvent également venir de la mise en oeuvre de pratiques commerciales peu adaptées. C'est ainsi que AOLA qui vient d'ouvrir un espace mexicain (après le Brésil et avant l'Argentine) essaye d'attirer les usagers en leur permettant d'acquérir un "PC facile". Le plan permet d'acquérir un ordinateur de chez Compaq et 12 mois d'accès à AOL avec des paiements en 24 mensualités. Mais il faut pour y avoir droit "facilement" être détenteur d'une carte de crédit sur une banque déterminée (Banamex). Le marché des cartes de crédit en Amérique Latine est loin de ressembler à celui des États-Unis et même de l'Europe. Mais tous ces arguments commerciaux pertinents passent à côté d'un fondamental: il n'est pas évident que la majorité des internautes latino-américains se sentent à l'aise dans des espaces calqués sur des modèles venus du nord. Yahoo, un autre géant, a du mal sur le sous continent. HBO est un succès en Amérique latine, mais c'est oublier les différences qui séparent les médias de "consommation" comme la télévision des médias interactifs. L'internet permet de rentrer en contact avec le monde mais pour s'y sentir à l'aise nous avons peut-être besoin de partir d'un espace dans lequel notre identité n'est pas en question. A l'heure de l'ouverture des frontières et de la globalisation c'est peut-être une question sur laquelle il est urgent de se pencher. [ Netc... articles précédents ] [Elec_Chroniques articles précédents ] Francis Pisani est un journaliste indépendant. Installé à San Francisco, il couvre les Technologies de l'information et de la communication pour El País / Madrid, Reforma / Mexico et Le Monde / Paris. |
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