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Synthèse:
Microsoft et la justice
Microsoft et la division anti-trust du Département de la justice se retrouvent devant les juges. LatinoTek point sur ce feuilleton dont la prolongation obéit à la stratégie de Microsoft.
Francis Pisani
San Francisco, Californie,
27-Feb-01
Microsoft et la division anti-trust du Département de la justice (ainsi que plusieurs états) se retrouvent devant les juges de la cour d'appel de Washington. Ce qui se joue:
L'appel
Enjeu - Lundi 26 et mardi 27 février, le rideau se lève sur le troisième acte du procès intenté par la division anti-trust Département de la Justice (DoJ) contre Microsoft: après le verdict condamnant l'éditeur rendu par le Juge Thomas Penfield Jackson en juin 2000 et le refus de la Cour Suprême de se saisir de l'appel rendu publique fin septembre, c'est à la cour d'appel fédérale de se prononcer. L'application du verdict est suspendue à une confirmation de son jugement par une instance supérieure.
Durée - Pendant deux jours les deux parties sont amenées à exposer leurs points de vue respectifs. Les juges ont ensuite plusieurs mois pour se prononcer
Les antécédents
Condamnation - Le Juge Jackson a estimé en avril que Microsoft se livrait à des pratiques monopolistes et il l'a condamnée en juin à être divisé en deux avec d'un côté la production du système d'exploitation (Windows et ses dérivés) et de l'autre les applications (Word, Excel etc.).
Le procès - La plupart des analystes estiment que le DoJ représenté par le célèbre avocat David Boies avait su présenter une série de témoignages accablants alors que la défense manquait de stratégie cohérente et que le témoignage arrogant et contradictoire donné sur cassette par Bill Gates avait fait mauvais effet.
Peu d'angoisses pour Microsoft
Bill Gates de devrait pas être trop inquiet. Depuis le départ il a cherché à gagner du temps et celui-ci joue en sa faveur.
Cour favorable - Plusieurs des juges de la cour d'appel se sont déjà prononcés en faveur de Microsoft en 1998 quand ils ont estimé qu'Explorer ne pouvait pas être séparé de Windows.
Nouveau plaignant - La division anti-trust du DoJ est représenté par de nouveaux avocats et a décidé de laisser l'affaire suivre son cours jusqu'à ce que la cour se prononce.
Fautes de Jackson - En s'appuyant sur des déclarations publiques faites par le Juge Jackson avant et après le verdict, les avocats de Microsoft font valoir qu'il était partial.
Nouveau climat politique - George Bush et son équipe notamment le futur responsable de la division anti-trust du DoJ sont favorables à une application souple de la loi anti-trust.
Nouveau climat technologique - Le succès des réseaux sans fils et des appareils qui n'utilisent pas Windows ainsi que l'avancée de Linux permettent de dire que Microsoft "n'est plus" un danger (alors même que ses parts de marchés continuent d'augmenter dans le secteur des systèmes d'exploitation et des applications de bureaux).
Nouveau climat économique - On imagine mal qu'en période économique tendue, juges et politiciens choisissent de casser une entreprise qui joue le rôle de locomotive dans le secteur stratégique de l'informatique.
La Suite
Le gouvernement - Il est devant une situation délicate car c'est toute la politique anti-trust de l'ère digitale qui est en jeu (Il est urgent de surveiller les faits et gestes d'AOL-Time Warner, par exemple).
Pronostic: probable maintien du verdict sur les faits et non rupture de l'entreprise grâce à un accord à l'amiable favorable à Microsoft.
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Francis Pisani est un journaliste indépendant. Installé à San Francisco, il couvre les Technologies de l'information et de la communication pour El País / Madrid, Reforma / Mexico et Le Monde / Paris.
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