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Content Shareware:
Partager les coûts
Automatic Media, entreprise spécialisée dans la publication de contenu original, sur la toile vient de fermer ses deux sites historiques, Feed et Suck. Elle n'avait plus d'argent. Plastic, le troisième site du groupe essaye de survivre grâce aux contributions des usagers qui envoient la majorité des articles publiés et sont invités à participer financièrement.

"Vos donations permettront que Plastic continue à fonctionner" peut-on lire sur la page d'accès. Il suffit à l'usager d'appuyer sur un bouton pour envoyer sa contribution volontaire. La nécessité confirme qu'elle est la mère de bien des inventions, en l'occurrence, l'aumône électronique.

Contribution volontaire

Mais le geste nous rappelle une des contradictions fondamentales de la toile: cela coûte beaucoup moins cher de mettre quelque chose en ligne et de communiquer avec des centaines de millions d'usagers potentiels dans le monde entier qu'avec les médias traditionnels, mais il faut quand même de l'argent et les moyens de l'obtenir restent relativement obscurs.

Plastic a adopté cette solution en pleine période de crise et il est peut probable que le site parvienne à trouver de cette manière tout ce dont il a besoin. Mais Stephen King, l'auteur de romans à succès, n'a pas fait autre chose quand il a invité, l'an dernier, les lecteurs de son feuilleton The Plant à payer de manière volontaire. Il a suspendu la publication au bout de quelques mois pour des raisons complexes mais il a quand même obtenu que 46% de ceux qui ont téléchargé ses textes payent un prix relativement élevé.

Ce mode de financement s'appelle shareware en référence à hardware et/ou à software pour indiquer qu'il s'agit d'un produit "partagé"(to share = partager). Il est copié sur une pratique courante chez les développeurs qui mettent leurs logiciels sur la toile et demandent à leurs usagers (en leur forçant un peu la main dans certains cas) de le payer s'il leur plaît ou s'ils s'en servent.

L'idée de l'appliquer au contenu a été mise de nouveau à l'ordre du jour par le chroniqueur Steve Outing dans un article publié le 9 mai. Il la présente comme une solution "de compromis". "Le modèle de shareware appliqué au contenu se situe entre donner ce dernier ou exiger le paiement d'un abonnement," écrit Outing.


Modalités concrètes


Le succès d'un tel modèle est largement lié aux modalités concrètes de paiement, clé de tout système de paiement sur la toile et plus encore dans ce cas où la contribution est volontaire.

Deux solutions s'affrontent. Plusieurs milliers de site – y compris celui de Outing – ont adopté le "Système d'honneur" proposé par Amazon. L'entreprise spécialisée dans le commerce électronique met sa technologie d'achat "1-clic" au service des sites de contenu qui le souhaitent. PayPal, de son côté, offre son expérience en matière de paiements électroniques. Toutes les deux gardent une partie de l'argent versé (un peu plus de 15% dans le cas d'Amazon, et une proportion variable mais inférieure dans celui de PayPal). Le grand avantage est que chacune apporte des millions d'usagers disposant d'un compte déjà actif: 32 dans le cas d'Amazon et 7 dans celui de PayPal.

L'idée est bonne et la technologie fonctionne. Elle ne permet sans doute pas de gagner des fortunes. Trois semaines après sa première chronique, Outing a raconté qu'il avait reçu 400 dollars en deux jours, bien moins que ce qu'il espérait. Un article récent du New York Times cite plusieurs cas de sites ayant reçu, qui des centaines qui quelques milliers de dollars, pendant une période relativement courte. Les sommes ne sont jamais considérables et il reste à voir si le système peut se transformer en une source relativement stable de revenus.

Le modèle du "contenu partagé" ne paraît pas devoir être conseillé à ceux qui entendent devenir millionnaires. Il peut sans doute permettre que des individus passionnés dont la contribution intéresse un groupe d'usagers fidèles trouvent ainsi les moyens de financer une partie de leur activité. C'est essentiel pour la survie d'un réseau non entièrement contrôlé par les puissants.

C'est en outre une façon douce et conforme à la cyberculture de mettre les choses à leur place: il faut bien que quelqu'un paye si nous voulons jouir d'un contenu de qualité sur l'internet.


Related articles English:
Steve Outing — Two Money-making Techniques You Haven't Tried Yet
Steve Outing —The Problem With Begging for Money
The New York Times — If You Like This Story, Click Here to Pay Me
Amazon Honor System
PayPal:

En español:
LatinoTek — Nostalgia: dos e-zine cierran
LatinoTek — Sobre la tentativa de Stephen King – Un cuento de horror y decepción:




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Francis Pisani est un journaliste indépendant. Installé à San Francisco, il couvre les Technologies de l'information et de la communication pour El País / Madrid, Reforma / Mexico et Le Monde / Paris.




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