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ccTLD :
Et si c'était l'avenir ? 28 novembre 2000

Les noms de domaines par pays (Country Codes TLD, ou ccTLD) semblent bien négligés au milieu de la fureur qui entoure la création des nouveaux noms génériques.

Pourtant, certains de ces noms présentent beaucoup d'intérêt. D'abord, ces dépôts demeurent en général bon marché. Alors que les gestionnaires des futurs noms génériques vont avoir tendance à augmenter les prix (2000$ pour un ".biz"), le dépôt des noms locaux est sensiblement au même prix que les ".com", ".net" ou ".org", c'est-à-dire quelques dizaines de dollars. Si cela n'est certes pas déterminant pour une entreprise souhaitant simplement déposer sa marque, cela peut l'être davantage pour ceux dont le commerce de noms de domaines est la raison d'être.

Ensuite, le dépôt d'un nom "régional" ne nécessite pas forcément de présence physique dans le pays concerné. Sur les 243 codes de pays, 84 sont totalement libres de dépôt pour quiconque, les gouvernements responsables des noms ayant bien perçu l'intérêt financier d'une attitude libérale en la matière. Du reste, vus les prix atteints par certains noms en ".com", la nécessité d'une présence physique, qui peut se limiter à la création juridique d'une entité commerciale, n'est pas forcément un frein.

Enfin, et surtout, ces noms présentent souvent une fort attrait : limités à 2 lettres, ils sont percutants et peuvent être très évocateurs autant que facilement mémorisables. On connaît les fameux ".tv" (Iles Tuvalu), une proie de choix pour les entreprises de l'industrie audiovisuelle, mais d'autres terminaisons plus rares peuvent également être attirantes. Les ".ad" (Andorre), ".bb" (Barbade), ".cd" (Congo), ".do" (République Dominicaine) et autres ".id" (Indonésie), pour ne citer qu'eux, peuvent constituer des compléments originaux de noms d'entreprises existantes ou de nouveaux sites à vocation commerciale.

Certains ne s'y trompent d'ailleurs pas. Plus de 350.000 noms ont ainsi été déposés en ".cc", ce qui peut paraître peu comparé aux quelques 20 millions de dépôts en TLD classiques, mais beaucoup pour un archipel - les Iles Cocos - de 14 km2 et de 700 habitants (que peu de gens savent situer sur une carte, au demeurant). Autre exemple, la société V3, qui possède de multiples noms aux terminaisons exotiques (de "go.to" ou "jump.to" à "start.at") et propose à ses 3 millions de membres des redirections facilement mémorisables vers leurs pages (ou adresses email) personnelles.

Alors que la procédure de mise en place des nouveaux noms de domaines génériques bat son plein, on peut donc regretter que la plupart des pays ne choisissent pas "d'ouvrir" leurs TLD. Car la logique qui préside à l'existence même de ces noms - identifier la provenance géographique d'un site, par exemple - n'est de toute façon plus respectée. Sachant qu'ils existent déjà, et qu'ils constituent souvent une opportunité de taille pour des petits pays de trouver une source de revenus complémentaire, les ccTLD auraient pu remplacer utilement les nouvelles extensions proposées à l'ICANN.

Pourtant, en tout état de cause, on peut imaginer - et même parier - que les domaines par pays joueront à l'avenir un rôle plus important que celui qui leur a été dévolu jusqu'à présent.

 

Netsurf

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