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Aberrantes : La prolifération de thèses aberrantes (scientifiques, politiques, économiques etc.) tient au fait que nous tendons à célébrer unee proposition pour sa valeur de spectacle plus que sur sa valeur de fond.
Micro crédit : Ça dépend de quel côté du guichet on se trouve.
Interactif : L'écran de l'ordinateur est comme le miroir de la marâtre de Blanche-Neige, il répond quand on lui pose des questions, rarement de la façon qu'on souhaite. Cela peut être une vertu.
Traducteurs : Lère des traducteurs arrive. Humains ou programmes, espérons qu'ils permettent la coexistence de systèmes différents.
Incroyable mais vrai : Des ingénieurs travaillent darrache pied à un système qui permettrait déchanger des cartes de visite électronique sur une simple poignée de main. Et leur rêve cest que la poignée de main ne soit même plus nécessaire. La seule proximité suffit. Espérons qu'ils ne gagnent pas trop de terrain.
Informatique : Plus j'utilise l'informatique, plus j'en deviens dépendant et plus je fais attention
Devinette : Qu'est-ce que les terroristes, les narcos et les partisans du libéralisme économique ont en commun? Le besoin d'un état faible pour opérer à leur aise. Reconnaissons qu'ils n'utilisent pas tous les mêmes moyens pour parvenir à leur fin.
L'utopie : L'utopie ne vaut que comme rêve. Tenter de la réaliser entraîne souvent beaucoup de morts, qu'il s'agisse du gouvernement des hommes ou de la création d'entreprises.
SPAM : Les messages électroniques non solicités (MENS) ont un énorme avantage sur ceux que nous sommes tenus de lire: on peut s'en défaire d'un clic.
Libéralisme : Le vrai libéralisme économique, sans intervention de l'Etat, ne fonctionne jamais aussi bien que quand l'État a créé toutes les conditions pour que les lois du marché opèrent librement.
Médias : Il y a bien sûr un lien entre le fait que la quantité d'informations déversées augmente et le fait que la valeur accordée au contenu diminue. Dit autrement: il y a tellement d'informations disponibles que la valeur de chacune tend vers zéro..
La géographie : La géographie sert d'abord à faire la guerre, c'est connu. Loin de perdre ses droits sur l'internet (dont on ne doit pas oublier les origines militaires), elle y sert à faire des affaires, en ajustant a publicité au lieu de résidence, par exemple.
Coupable : Microsoft est coupable et ne sera pas sérieusement puni car le gouvernement des Etats-Unis ne veut pas l'affaiblir. C'est une nouvelle application de l'adage qui veut que plus on doit d'argent plus on est fort. En bref: le gros crime paie.
Sans fil : Attache mieux parce que de façon plus souple.
Ecran : Étrange miroir qui peut conduire à de délicats face à face, ou à l'autre.
Censure : Linternet voit la censure comme un obstacle qui doit être contourné. L'auto censure cherche au contraire à l'intégrer.
Fenêtres : Qu'il y en ait plusieurs ouvertes simultanément et qu'elles ouvrent sur des réalités multiples, différentes et souvent contradictoires est une bonne chose. On apprend même à parler de plusieurs façons à une même personne.
Productivité : Les gains réels obtenus grâce à la technologie sont égaux aux gains en productivité moins le temps d'apprentissage plus le temps passé à faire autre chose avec la technologie (à surfer sur l'internet par exemple). Et l'expérience acquise?
U.R.L. : Que lon croie que le U est la première lettre du mot universel ou que lon sache quil indique uniforme dans Uniform Resource Locator, lun comme lautre doivent être vus comme des qualificatifs menaçants.
Devinette : Innovation - un mot qu'elle utilise de plus en plus dans ses opérations de marketing et de relations publiques - est aussi approprié pour définir cette entreprise que le mot Micro pour se référer à sa taille ou le mot "doux" pour parler de ses pratiques commerciales.
La loi des lois : Toute prétendue loi visant à nous faire parier sur la croissance exponentielle dun secteur est une manip publiciaire dont le succès est proportionnel à note crédulité.
Power Point : Le pouvoir corrompt, PowerPoint corrompt absolument (adage cybérien).
Open Source : Linux est passé avec succès d'une idée de système d'exploitation à un progiciel qui marche, à une communauté, un modèle d'organisation pour le travail d'ingénierie voir une stratégie d'affaires. Il serait dommage d'en faire une religion.
Paradoxe de l'empire : Tout le monde doit être bilingüe sauf les étatsuniens. Les dirigeants du monde entier doivent connaître leur propre pays et les Etats-Unis, sauf les américains. D'où il résulte qu'on a une vision plus étroite du monde au centre qu'à la périphérie.
Globalisation : Les américains sont volontiers favorables à la globalisation définie comme américanisation du globe.
Innovation : Si les ingénieurs sefforcent dinnover, les capital risqueurs préfèrent copier.
Valeur de la gratuité : Ce qui s'obtient sans payer coûte toujours plus cher que prévu. Ce qui est proposé gratuitement aux consommateurs est souvent un bon investissement.
Exponentiel : Toute croissance exponentielle débouche sur un palier.
Information overload : A l'intérieur du système on n'échappera jamais à l'overdose qui nous menace dans la mesure où pour l'organiser il faut rajouter de l'information que l'on appelle meta-information.
Tip : La productivité des employés est plus grande quand ils travaillent sur un écran de 19 pouces que s'il est plus petit. (faites le savoir à votre patron)
Vérité : La première victime en cas de guerre est la vérité. Et en cas de récession?
Exponentiel : Toute croissance exponentielle débouche sur un palier.
Socratique : L'internet et la nouvelle Economie semblent être entrée dans une phase socratique. On n'a jamais entendu autant de PDG et d'analystes dire "je ne sais pas". A la différence du philosophe grec qui disait ne savoir qu'une chose: qu'il ne savait rien, ces messieurs (il y a peu de dames) reconnaissent ne pas savoir quand la crise prendra fin mais ils pensent encore qu'ils en savent assez pour rester à leur poste. Combien de temps personne ne sait.
Vacances : Huit jours de vacances loin du boulot et sans connexion avec le reste du monde c'est cesser d'être important. Ou risquer de ne plus l'être.
Amazon : Ou quand le bazar devient cathédrale.
Jeunes : Dans un monde où l'essentiel est d'apprendre vite, il est tentant de croire que l'ennemi c'est les jeunes.
Fondations : Les entreprises informatiques reposent sur trois corps de métiers: les ingénieurs, les hommes d'affaires et les chargés des relations publiques. Le plus important n'est pas nécessairement celui qu'on croît.
Statistiques : Elles permettent parfois d'agir sans comprendre: il suffit de constater. Belle source d'économies et d'actes innombrables de divination.
Mass media : Le problème des mass-media n'est pas qu'ils s'adressent à beaucoup de gens mais qu'ils disent tous la même chose au même moment.
Globalisation : La globalisation est comme le chemin de fer il y a 150 ans: elle arrive inécluctablement. Mais on ne saurait sous estimer la différence qui existe entre une locomotive qui vous fonce dessus à 100 à l'heure et un tortillard qui ralentit dans un village pour nous donner une chance de le prendre en marche.
Free : En anglais, on utilise le même mot - free - pour dire à la fois libre et gratuit, d'où l'idée que faire payer c'est attenter à la liberté.
Additionnel : Peut-être devrions nous ajouter à la notion de modèles alternatifs, la notion de modèles additionnels dont l'objet ne serait pas d'éliminer les autres mais d'ouvrir d'autres perspectives dans les compétitions écologiques.
Triste : La domination de Microsoft limite nos choix. C'est peut-être ça qui plaît.
Livre : Le livre n'est plus le seul support pour transmettre et préserver le texte. Mais ce n'est pas l'objet qui compte, c'est le message.
TIC : Son logiciel est lalphabet, le syllabaire ou les idéogrammes alors que le hardware est le pinceau, le crayon, le stylo, le papier, le bois et même la pierre. Lécriture est la première technologie de linformation et de la communication.
Computer crash : Le sauveur de ceux qui ont trop promis.
Anglais : Langlais gagne du terrain tous les jours, mais cest notre anglais - avec accent et barbarismes -, pas le leur.
Technocrates : Aucune technologie ne peut règler à elle seule le moindre problème politique, économique ou social. Elles contribuent, dans le meilleur des cas, à l'accélération de changements en cours. Ceux qui croient le contraire s'appellent des technocrates.
E-mail : Un moyen efficace et bon marché pour communiquer avec le monde lointain et ne plus voir ses proches.
Révolutionnaires? : Les entrepreneurs de Silicon Valley se disent volontiers révolutionnaires. Ils le sont parfois, mais toujours proportionnellement à ce que le changement leur rapporte.
Intelligence : La supériorité de l'intelligence humaine sur l'artificielle est sa tendance à prendre des décisions arbitraires et donc éventuellement erronées.
Boîte vocale : La boîte vocale est un mode de non communication suffisamment important pour que certains patrons nhésitent pas à sen servir pour signifier à leurs employés quils sont licenciés.
Analystes : Ils ont raison de dire n'importe quoi puisque les journalistes les citent et que les entrepreneurs les écoutent.
Copy/paste : L'imagination à l'ère du PC.
Systèmes : Dans la guerre entre modèle ouvert (type Linux) et modèle propiétaire (type Microsoft) les deux adversaires tirent leurs forces, l'un de l'écosystème, l'autre de l'égosystème.
Post : Lère post-pc nentraînera pas plus la fin des PC que linternet na tué la télévision, celle-ci la radio, ou lécrit la parole.
Informer : Informer est de plus en plus un business comme tous les autres. La vérité, la précision, l'objectivité, l'impartialité, la pondération sont des critères parmi d'autres. De vente.
Vertueux : Il est sans doute plus juste de dire que le vertueux est virtuel que le contraire.
GPS : Sert à savoir où se trouve celui qui s'en sert pour savoir où il se trouve. Un retournement de plus en plus fréquent avec les technologies de l'information.
Privacy : Quand les Américains disent privacy, les Européens parlent de «protection de la confientialité des données» comme sils mettaient leur vie privée ailleurs. A moins quils naient pas encore compris quelle figurera inéluctablement sur le réseau.
La nouvelle économie réelle : Celle de lan 2001 est à la nouvelle économie ce que le socialisme du même nom
A propos, y a-t-il une nouvelle économie à visage humain?
Pauvres : L'internet permet aux pauvres d'avoir accès à des informations traditionnellement réservées aux riches. Mais l'accès à l'internet est encore réservé aux riches.
Utopie : Un ordinateur qui ne crasherait jamais serait comme un politicien qui dirait toujours la vérité.
10101, etc. : Le bégaiement élevé au niveau dun art et même dune science.
Fracture : Pour certains, la fracture numérique nest que lindication de la taille du territoire qui leur reste à conquérir
Chips : Plus les microprocesseurs deviennent puissants, plus la pub ventant leur mérite est tenue de nous mentir puisque ceux d'entre nous qui en ont vraiment besoin sont un nombre infime.
Stock options : Ou comment obtenir des employés quils fassent crédit aux investisseurs.
Nouvelle économie : Si la nouvelle économie est un nouveau territoire, un nouveau Far West. Qui sont les Indiens?
Extrêmes : L'informatique vit par ses Microsoft, mais elle ne vaut que par ses Linux.
Drogue : Je te donne un programme. Tu deviens accro. Je te vends la version suivante. Puis celle d'après. Et ainsi de suite... L'économie des logiciels ressemble à celle de la drogue.
Turing : Le vrai test n'est pas que la machine fasse asez bien pour que l'humain s'y trompe, mais qu'elle fasse assez bien pour pouvoir le remplacer sans qu'il s'en rende compte.
WebDesign : Il est difficile de penser en même temps à l'usager et au tiroir-caisse.
PC : L'objet le plus impersonnel qui soit.
Francis Pisani est un journaliste indépendant. Installé à San Francisco, il couvre les Technologies de l'information et de la communication pour El País / Madrid, Reforma / Mexico et Le Monde / Paris.

Vous trouverez ci-dessous les archives des chroniques de Francis Pisani publiées sur les sites de n/e/tsurf.ch
ARCHIVES 2000/2001
ARCHIVES 1999
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