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« F'd Companies »
"F’d Companies" ou les dotcoms tournés en dérision par Philip J Kaplan

Emily Turrettini - le 3 mai, 2002

Le contexte de l'époque.
La crise économique des start-ups a entraîné au printemps 2000, un florilège de sites d’un genre encore jamais vu ; nécrologies et chroniques de déboires, naufrages et échecs des dotcoms. Alimentés par la rumeur et souvent d’informations d’initiés, leurs noms étaient évocateurs : Dotcomgraveyard.com, StartupFailures.com, DotcomScoop.com, Downside.com, The Compost, DotComDoom, sans oublier le fameux Dot-Com Layoff Tracker du Industry Standard, le magazine Internet par excellence, défunt à son tour. Précisons en passant que la plupart de ces sites ont connu le même sort que les entreprises qui ont contribué à faire leur succès. (voir Failurenalia sur n/e/tsurf)

Le site de Philip J. Kaplan datant de la même époque, au nom d'une rare élégance, f...company.com
, permettait quant à lui de parier sur les prochaines start-ups à s’écrouler et était l’un des plus cocasse. Son auteur, 26 ans, vient de publier un livre intitulé «F’d Companies».

Le Bouquin. Extraits.
Une centaine de sociétés Internet sont tournées en dérision sous le regard cynique et désabusé de Kaplan, témoin de la folie d’une époque révolue. Il ne s’attendrit nulle part sur la part de rêve et d’espoir dans le potentiel sans limites de l’Internet qui a suscité l’ébullition de toutes ces idées innovantes des idéalistes du réseau. Pour ceux qui s’y accrochent encore, les écailles leur tomberont des yeux. (ndl : Pour ma part, j'ai eu l'impression qu'on m'arrachait mes lunettes!). Rédigé dans un style pour le moins provocateur, plutôt bédéiste que littéraire et très souvent hilarant, il décrit les business plans les plus loufoques. Voici quelques extraits, traduit de l'anglais:

“ZING.COM

Zing.com était un simple site FTP qui a coûté $ 14 millions, permettant de stocker ses données sur le Web. Il revendiquait 1.7 millions de visiteurs et zéro revenus. Mais leur première raison d’exister était encore plus amusante. Zing.com se nommait alors Streamix, une société qui proposait un logiciel – tenez-vous bien — que l’internaute pouvait TELECHARGER, afin de visualiser DES PUBLICITES LE TEMPS QUE S’AFFICHE UNE PAGE DU WEB.

HahAH AH Hah ahahAH Haahahahah HAHAhahaha HahAH AH Hah ahahAH Haahahahah HAHAhahaha haah ahahahahahha HAHAhahaha Hah ahahAH Haahahahah HAHAhahaha HahAH AH Hah ahahAH Haahahahah aha Ha HahAH AH haah ahahahahahhaHAHAhahaha HahAH AH Hah ahahAH Haahahahah HAHAhahaha HahAH AH Hah ahahAH Haahahahah HAHAhahaha

Bon.

Revenons au succès de leur échec. Réalisant que les yeux rivés des internautes n’allaient pas payer les factures, ils ont commencé à vendre des T-shirts et autres tasses à café avec des photos personnalisées. Zing.com a fermé en juin 2001.

IAM.COM

Il n’est pas nécessaire de faire des études Marketing pour savoir que l’offre pour des acteurs à Hollywood dépasse largement la demande. C’est à s’interroger sur quelle planète vivaient les fondateurs de Iam.com, qui ont dépensé $ 48 millions pour une société qui offrirait un service A L’EXACT OPPOSE DES BESOINS DE CETTE INDUSTRIE. Voulant éviter les intermédiaires, c’est-à-dire les agents, ils proposaient de réunir une base de données comprenant des milliers de CV d’acteurs. Précisons que si les directeurs de Casting apprécient particulièrement leurs agents, c’est justement parce que ce sont eux qui font ce travail de filtrage.

FLOOZ.COM, PETS.COM, MARCHFIRST.COM

Qui aurait deviné que le monde ne se précipiterait pas pour payer ses achats on line en Flooz, la nouvelle monnaie Internet ? Que Pets.com ne serait pas rentable en facturant $ 5 une livraison qui leur en coûtait $ 10 ? Que MarchFirst.com, qui fabriquait des sites Web, en lançant une campagne de pub de $ 50 millions — non pas pour générer du nouveau business, mais pour recruter des employés — devrait par la suite licencier 2’100 personnes ? “

Tollé sur Amazon.com — la revue des lecteurs.
Notons qu’il n’y a rien de tel, après avoir lu ce genre de bouquin, de se connecter sur Amazon.com pour lire les critiques des lecteurs. Rien ne suscite autant de réactions par les acteurs et observateurs de la nouvelle économie qu’un livre sur les dotcoms. Kaplan doit battre tous les records avec 61 revues postées, comparé par exemple à 19 revues pour le passionnant «Boo Hoo» d’Ernst Malmsten sur la faillite Internet la plus médiatisée, celle de son site Web, boo.com. À lire tous les deux. Absolument.



«Dotcom Bust Revival»?
« Burn Rate »
Peux-t-on parler d'un «dotcom bust revival»? Il semblerait en tous la cas qu'il y ait une certaine nostalgie pour la grande époque des dotcoms et l'euphorie boursière de l'époque.

Ce jeu de société, lancé récemment sur le marché Américain, donne l'opportunité aux joueurs "de retourner en 1999 et y laisser leur chemise ainsi que celui de leurs investisseurs. Devenez CEO virtuel avec des fonds importants à disposition et un sens nul pour les affaires. Engagez, licenciez et soyez receptif aux mauvais business plans." Le but du jeu est d'être le dernier à tout perdre.


 
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