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Last Update: 30.6.1999 |
Elec_Chroniques |
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Voulez-vous danser avec lui? L'évolution de Java San Francisco Java vient de fêter ses 4 ans, compte sur une armée d'un million de développeurs et peut s'enorgueillir d'un parcours accidenté et d'un futur à la fois incertain et prometteur. Java est le langage informatique minimaliste qui permet d'écrire des microprogrammes (applets) capables de rendre une SmartCard encore plus intelligente, de ou de faciliter le commerce électronique entre machines qui utilisent des systèmes d'exploitation différents. Java a fait beaucoup de bruit à ses débuts parce qu'il a permis d'introduire le mouvement dans les pages statiques de la toile. Aujourd'hui, on peut faire aussi bien et plus simplement avec différentes technologies dont le HTML dynamique. Java, par contre sert de plus en plus aux transactions en ligne que requiert le commerce électronique. Java est relativement simple et les programmes écrits dans ce langage peuvent fonctionner sur n'importe quelle plate-forme. Mais l'exécution tend à être lente et, dans les premiers temps du moins, il était extrêmement difficile de mettre en uvre des systèmes sophistiqués tels que ceux dont les entreprises peuvent avoir besoin. JavaOne la conférence annuelle qui s'est tenue à San Francisco à la mi-juin a réuni vingt mille développeurs venus prendre acte des progrès réalisés en la matière. Selon John Gage, responsable scientifique de Sun, les premiers tests réalisés avec le nouveau compilateur HotSpot montrent un doublement de la vitesse d'exécution. C'est un progrès appréciable mais le problème est inhérent au principe lui-même dans la mesure où pour pouvoir tourner indépendamment de la plate-forme, l'application doit procéder à des traductions qui ralentissent son fonctionnement. Plus discrètement, Java bénéficie du fait que les ordinateurs sont de plus en plus rapides. Apparu comme vecteur de la fantaisie sur la toile Java est devenu un instrument privilégié des grosses entreprises. Maintenant qu'il est capable d'assurer une gamme beaucoup plus vastes de tâches, il leur sert à faire communiquer par internet interposé les différentes machines accumulées dans l'espace et dans le temps. C'est, pour les mêmes raisons, un instrument fondamental du commerce électronique. A une époque où la pratique de la sous traitance est de plus en plus répandue, le recours à Java permet de faire travailler de conserve des systèmes informatiques indépendants et sur lesquels on n'a pas de contrôle ce qui est indispensable pour une production intégrée en douceur. Lancé en décembre dernier, Java 2, la version la plus récente de Java permet entre autres d'ajuster les niveaux de sécurité. Et pourtant, le futur de Java semble plutôt résider dans les gadgets. JavaOne a vu le lancement d'une version light spécialement conçue pour tourner sur des appareils comme le Palm Pilot et qui leur permet de communiquer avec des PC. Des accords ont été passés avec une compagnie de téléphones cellulaires et avec Motorola qui a montré un pager capable d'interroger une base de données à distance. Le vrai champ de bataille est celui des appareils disposant de fonctions informatiques spécialisées et capables de se connecter à l'internet. Sun a marqué des points avec le lancement au début de l'année de Jini, une version de Java qui permet aux appareils de communiquer et d'utiliser leurs services réciproques de façon "spontanée". Mais pendant ce temps Windows CE a beaucoup avancé et en ce qui concerne la connectivité des appareils, Microsoft compte imposer son Universal Plug and Play concurrent direct de Jini. Il y a enfin deux variables non technologiques qui pèsent sur le futur de Java. L'affrontement juridique entre Sun et Microsoft continue. Microsoft a été obligé par le juge d'apporter certaines modifications à sa version de Java pour la rendre compatible mais se refuse à en faire plus. Le risque est qu'un Java impur (à la Microsoft) qui fonctionnerait sur 90 pour cent des PC serait extrêmement attractif pour les développeurs. L'autre variable tient au fait que Sun "se rapproche" du modèle du code source ouvert qui contribue au succès de Linux et à la résistance de Netscape sans vraiment "l'adopter". Sun qui s'efforce de jouer sur les deux tableaux a choisi de rendre public le code source dans l'espoir que les développeurs d'autres entreprises lui apportent de nouvelles fonctions mais exige des royalties et un test de compatibilité pour tout produit qui en résulterait. Java sert pour les opérations en réseau des entreprises et pourrait s'imposer comme lingua franca de tout ce qui n'est pas PC. Cela pourrait promettre un bel avenir si le monde des affaires et de l'informatique n'opérait pas d'abord dans la logique de la guerre. [ Elec-Chorniques... articles prédécents ] Francis Pisani est un journaliste indépendant. Installé à San Francisco, il couvre les Technologies de l'information et de la communication pour El País / Madrid, Reforma / Mexico et Le Monde / Paris. |
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